On peut dire d’emblée que cet écrivain trentenaire trace une voie à part dans la littérature contemporaine.
Olivier
Larizza est né à Thionville, en Lorraine, mais toute sa famille vient
d’Italie, il a même un grand-père hongrois. Il grandit dans sa région
natale jusqu’au baccalauréat et, dès 1991, il s’enthousiasme pour le
Tour de France — « L’écrivain traverse ses mois de juillet au rythme du
peloton, raconte un journaliste. Le reste de l’année, il ronge son
frein. Garçon capable d’œuvrer sérieusement dans le monde de l’édition,
il perd toute contenance à l’approche du Tour » (Pascal Coquis, DNA).
À
partir de 1993, il poursuit des études de littérature et civilisation
anglaises à Strasbourg. Il profite de cette période pour beaucoup
voyager, surtout aux États-Unis. Il y multiplie les expériences et
s’amuse encore aujourd’hui d’avoir posé, à vingt ans, pour la publicité
d’une compagnie de téléphone américaine.
Lauréat
des concours de l’enseignement en 1998, il travaille deux ans comme
professeur d’anglais. Il publie son premier livre en 1999. Il exerce
ensuite trois ans à l’université Marc-Bloch de Strasbourg. Il y
soutient en 2002 une thèse de doctorat sur les romans du révérend
irlandais Charles Robert Maturin, écrivain gothique (1780-1824).
Mais
Larizza ne se satisfait pas des méthodes en vigueur dans les facultés
françaises de lettres. Aussi entame-t-il, dans la foulée, la rédaction
d’un essai percutant, Le Reliquat scintillant : pour une renaissance de la critique littéraire
(Nizet, 2005). Il y propose une autre manière de commenter et
d’enseigner la littérature. Ce livre se voit d’abord digéré par les
tenants du système avant de connaître un certain retentissement dans le
monde anglo-saxon.
« Véritable feu-follet intellectuel, passionné de l’émotion » (Laurence Schmitt, Le Républicain Lorrain), il est nommé en 2003 maître de conférences et choisit de prendre un poste à l’université des Antilles-Guyane.
En 2005, il se met en congé une année pour contribuer à animer une
maison d’édition implantée dans la capitale européenne et dont il fut
l’associé. Aimant les voyages, les rencontres, « le tourbillon des
jours », il partage actuellement son temps entre Strasbourg et la
Martinique. Mais il retourne régulièrement au silence pour
écrire.
Quant
à l’œuvre en cours, elle se caractérise par la profondeur et la
variété. L’auteur passe du roman ou récit au journal, puis à l’essai et
aux contes. De nombreuses pages sont reliées par une vive sensibilité,
sensualité, la fulgurance poétique et l’universelle curiosité d’une
fraîcheur tournée vers l’enfance (La Théorie de la petite cloche
chez Anne Carrière). Sa fiction laisse également deviner une posture
existentielle, un regard particulier sur le monde et sur l’humain. Son
style est juste, vivant, singulier. On a pu dire que c’est « l’un des
romanciers les plus doués de sa génération » (Jean-Christophe Buisson, Le Figaro Magazine).
Ni
intello ni feuilletoniste, cet écrivain semble avoir le souci du
lecteur et de la postérité. Une voix aussi neuve s’est-elle souvent
exprimée dans des domaines aussi différents ? Et si ses contes (24 contes des Antilles, 16 contes de Grande-Bretagne, Ti-Jean et le festin du roi) ont été
composés à la demande d’éditeurs (Flammarion ou Nathan), ils attisent
le même sens de la précision et de l’inventivité. Voilà en définitive
un auteur exigeant, dont les histoires nous touchent, nous transportent
tout en nous éveillant, à l’instar du roman Le Choix des âmes (Anne Carrière, 2008).
En 2009 paraissent, chez Oskar jeunesse à Paris, La Source miraculeuse et autres contes des Caraïbes, qui reçoivent un superbe accueil en Martinique, puis Oscar le renard et l’impala de la savane, une fable merveilleuse, « un fragment d’éternité » selon la presse.
Si
Olivier n’aime pas trop que l’on parle chiffres (« Quand il a quitté la
poésie, Rimbaud avait vendu un exemplaire » rappelle-t-il), on peut
indiquer que, à l’aube de l’année 2010, ses livres ont dépassé les cent
mille exemplaires vendus en France. Ils sont traduits ou en cours de
traduction en plusieurs langues.
A
lire aussi :
- Pourquoi
écrire ? Point de vue de l’auteur
- À propos de
la maison d’édition qu’il anima
- Clin d’œil
amusant : le résultat du bac |